Pardonnez l’hasardeux jeu de mot du titre, je devrai avoir honte… Je vais maintenant vous confesser un autre pĂŞchĂ©, celui de l’addiction. Je pense ĂŞtre devenu toxicomane en Ă©coutant “Shoot Me” de Bloody Mary. Eh oui, j’ai une envie rĂ©pĂ©tĂ©e, irrĂ©pressible de me passer en boucle l’album en remuant la tĂŞte.
Mes cervicales en souffrent et se plaignent rĂ©gulièrement de mon manque de considĂ©ration Ă leur Ă©gard, ce Ă quoi je ne rĂ©pond rien car il serai absurde de s’adresser Ă des cervicales. Étrange interlocuteur n’est-ce pas ? Surement les effets  hallucinogènes de la dĂ©pendance.
Contrairement Ă la plupart des drogues, celle-ci est lĂ©galisĂ©e et mĂŞme dealĂ©e dans les rayons disques des magasins. Je serai vous, je m’enfilerai dabord une dose de “Rock N Roll Is Our Business” (feat Lex Koritni, et qui sonne comme du… Koritni). Une tuerie d’efficacitĂ©, Ă l’image du reste. Petite info pour la suite, au cas oĂą vous ne disposiez pas de toutes vos facultĂ©s mentales au moment de la lecture, sachez que ‘NDLR’ signifie ‘note de la rĂ©daction’ (donc moi quoi).
Bloody Mary, c’est par rapport au cocktail ou Ă la lĂ©gende ?
Bloody Mary : Ni l’un l’un lautre, c’est le nom d’un morceau que j’avais composĂ© quand j’avais 17 ans Ă Lyon. On n’avait pas de nom de groupe, on s’est dit que ça sonnait pas mal et c’est restĂ© comme ça depuis. Donc pas d’histoire de miroir ou de tabasco !
Vous connaissez les ingrédients du cocktail quand même ?
Vodka, tomates, tabasco, cèleri, poivres… (NDLR : je pensais leur poser une colle, ben finalement… Non).
Et du jus de citron… Quel est la chose la plus sanglante faite dans votre vie?
 (rires) On peut parler de la vie intime ? Avec ma copine. Coucher avec quand elle a eu ses règles…
Effectivement c’est gore… (NDLR : voire très très, en y repensant. Donc vaut mieux pas y repenser en fait).
Je crois que c’est le plus sanglant que j’ai fait, je dĂ©teste le sang et du coup c’est vrai que… Mais bon quand on aime on ne compte pas !
A qui s’adresse l’album ?
A tous les fans de rock/mĂ©tal au sens large, on est tous très ouverts d’esprit musicalement parlant, je pense que l’album a une forte identitĂ© hard rock mais qui va chercher un peu dans tous les styles. N’importe qui de pas trop bornĂ© peut s’y retrouver.
Avez-vous de bonnes relations avec la presse ?
On essaye ! Oui en gĂ©nĂ©ral je suis super reconnaissant de la presse. On a eu pas mal de suivi sur notre premier album auto-produit, ça fait Ă©normĂ©ment plaisir de voir tant de gens qui se mobilisent, qui parlent de nous, comme toi qui accepte de venir faire une interview… On est content de se dire qu’il y a des gens intĂ©ressĂ©s par ce qu’on fait, on lit les articles avec plaisir.
Est-ce que c’est un frein d’ĂŞtre français dans le monde du rock ?
C’est un frein pour….
- L’ORANGINA C’EST POUR QUI ??? (NDLR : le serveur du cafĂ© nous interrompt sauvagement)
Je veux vraiment pas faire un jeu de mot pourri, mais on a très mauvaise rĂ©putation (NDLR : le jeu de mot vient du fait que le label se nomme “Bad Reputation”). Pour s’exporter c’est vraiment pas Ă©vident dans le sens oĂą il y Ă toujours un Ă priori du genre “Alors, qu’est-ce qu’il y a eu comme bon groupe de rock français ces 20 dernières annĂ©es…”
Ils pensent Ă Trust j’imagine…
Ça reste la rĂ©fĂ©rence pour eux, mĂŞme s’ils se sont pas tellement exportĂ©s Ă cause de la barrière de la langue. Ils ont un peu passĂ©s la frontière puisque Anthrax a repris Antisocial , ce qui a donnĂ© plus d’ampleur au truc.
La pluspart des Ă©trangers ignorent qu’il s’agit d’une chanson de Trust…
Au delĂ du dĂ©lit de nationalitĂ©, une fois qu’on arrive Ă faire Ă©couter la musique en gĂ©nĂ©ral ça marche tout seul…
Je vous pensais amĂ©ricain avant de lire votre bio…
Musicalement on vient de là , on écoute tous des groupes anglo-saxons, ça se ressent dans notre manière de jouer, d’interpréter notre musique.
Déjà pensé à écrire un morceau en français ?
Avec un accent anglais (rires) Personnellement je ne serai pas pour, ça se prĂŞte vraiment pas au style. Il y Ă une sonoritĂ© qui colle pas avec rock. Beaucoup plus facile d’Ă©crire en anglais. Avec le français ça devient vite compliquĂ©. N’importe quelle mĂ©taphore tu vas avoir l’impression de lire le journal intime d’une fillette de 13 ans…
L’anglais est plus accrocheur, on peut mĂŞme faire passer des trucs un peu niais…
Plein qui l’ont bien fait dailleurs !Â
Où en étiez-vous avant de signer chez Bad Reputation ?
On avait cravachĂ© pour boucler la compo et l’enregistrement de l’album… On l’a fait en 3 mois parce qu’on avait dĂ©jĂ bookĂ© les studios etc… Il y a eu changement de line-up entre temps alors il a fallu qu’on se concentre Ă mort lĂ dessus… On a pas mal tournĂ© histoire de bien roder les morceaux. Au niveau de la carrière on Ă©tait Ă un point oĂą il fallait que quelque chose de plus se passe. On avait besoin d’arriver dans une machine plus lourde et accĂ©der à d’autres choses.
C’est grâce au tournĂ©e, au bouche Ă oreille qu’on vous a repĂ©ré ?
Il y a un mec qui nous suit pas mal qui s’appelle Laurent Ferjou (NDLR : dĂ©solĂ© si j’orthographie mal le nom de cet individu qui m’est inconnu mais que je salue s’il me lit), qui a fait le lien entre nous 2 (NDLR : avec Bad Reputation), ça a permis de lui envoyer des titres, il a accrochĂ© puis voilà ça a Ă©tĂ© signĂ© comme ça.
Vous avez tourné avec pas mal de groupes assez connus, lequel vous a le plus impressionné ? Papa Roach ?
Papa Roach c’Ă©tait l’ambiance festival donc on a pas eu ce cĂ´tĂ© un petit peu intime qu’on peut avoir quand on fait des premières parties dans des clubs avec certains groupes. Moi personnellement la grosse claque c’Ă©tait Koritni pendant leur balance, ça a Ă©tĂ© vraiment impressionnant.
La chanson qui reprĂ©sente le mieux l’album pour vous ?
C’est difficile, l’album me parait assez riche de manière gĂ©nĂ©ral , il y a beaucoup de choses qui se passent. Celle que je choisirai pour faire dĂ©couvrir ce serai “Party Of Sin”. Pas Ă©vident de choisir un morceau qui condense tout.
Pour le clip de Lies, on doit s’attendre Ă un truc sĂ©rieux ou…
Non (rires). C’est un clip en 2 parties, une partie fiction oĂą vraiment on pousse Ă fond chacun nos vices de personnalitĂ©s. Micky le fait qu’il dorme beaucoup, et pour Paul (rires)… Moi le fait d’ĂŞtre un connard Ă©gocentrique et prĂ©tentieux… C’est mixĂ© entre ça et des scènes live…
Ou l’avez vous tournĂ© ?
A Nancy, au Totem. C’est quoi dĂ©jĂ ? Territoire OrganisĂ© Temporairement en Espace Merveilleux. C’est une sorte de pub. Il y Ă un collectif Ă Nancy qui a transformĂ© un ancien entrepĂ´t, qui a tout remis Ă neuf et qui se remue pour la culture underground.
Vous arrivez à lire les critiques étrangères ?
Moi je parle français espagnol anglais, ça regroupe la pluspart des pays… Après il y a google traduction ! Il y en a une qui est sorti en Italie, c’est vrai que quand tu vois “Le rock N Roll c’est notre affaire” (NDLR : traduction de “Rock N Roll Is Our Business”), ça fait sourire. On comprend pas toutes les nuances de la chronique mais au moins s’il a aimĂ© ou pas.
Avant, Google Traduction traduisait ‘fan’ par ‘ventilateur’ (NDLR : fait vĂ©ridique, et après vĂ©rif’ c’est toujours le cas, preuve que je ne vous raconte pas des conneries)
C’est bon ça ! On a beaucoup de ventilateurs Ă l’Ă©tranger !
Remerciements : Bloody Mary pour sa gentillesse, Eric Coubard  pour ses prĂ©cieux conseils littĂ©raires, pour les photos “Suzann Lewis”
Louis Eustache