Pour certains artistes, l’interview est une corvĂ©e, un pĂ©nible devoir qu’on se force Ă faire pour le bien de son groupe. Pour d’autres, cela s’avĂšre ĂȘtre un exercice amusant.  Matthew Leone se positionne clairement dans la seconde catĂ©gorie. Le sourire jusqu’aux oreilles et plein de bonne volontĂ© (comme rarement je n’ai vu), le bassiste de Madina Lake semblait ĂȘtre encore plus heureux que moi  à l’approche de l’entrevue, c’est dire.
“World War III” sonne un peu comme un jeuvideo… Â Tu joues Ă Call Of Duty ?
Non, mais j’ai vraiment l’intention d’y jouer, je viens de m’acheter une PS3. Â Par contre, en ce qui concerne Nathan, notre chanteur, je crois bien que c’est le seul jeu qu’il ai ! Moi j’ai FIFA (rires)
Ton équipe favorite ?
Une dangereuse : Liverpool. Mais Messi est le joueur que je préfÚre.
Mais dans ton pays, ce sport n’est pourtant…
Mon pays est horrible pour ça ! Nathan jouait au foot Ă l’universitĂ©, puis il a du aller jouer en 3Ăšme division pour vivre sa passion Ă Florence, en Italie, avant de faire de la musique….
Si une troisiÚme guerre mondial éclatait, quelle arme utiliserai tu ?
IntĂ©ressant (rires), c’est une bonne question. Je crois que j’aime bien les vieux mousquets (il mime un tireur). Oh non, je vais changer ma rĂ©ponse, je dirai plutot une sorte de UZI, semi automatique. Voila avec quoi je me baladerai !
Madina Lake a quitté Roadrunner en 2009, il y avait t-il une guerre entre vous ?
ILS nous ont quittĂ©. On Ă©tait chez Roadrunner partout dans le monde.  Mais aux Etats-Unis, ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Ils dĂ©pensaient beaucoup d’argent,  pour faire des vidĂ©os, pour remixer des chansons qu’ils n’ont jamais diffudĂ©s. Ils se contentaient de dire “On les mettra Ă la radio ce jour la”  en remettant toujours Ă plus tard, puis ils nous ont complĂštement lĂąchĂ©s. On avait de bonnes relations avec Roadrunner France, Roadrunner UK, Roadrunner Japon, donc c’est triste pour nous, de devoir se sĂ©parer de personnes gĂ©niales des 4 coins du globe juste Ă cause d’un pays qui a tout fait foirĂ©…
Quel direction vouliez vous prendre pour le nouvel album ?
Il y a une chose trĂšs importante Ă savoir sur Madina Lake. On ne prĂ©determine jamais, on ne discute jamais de ça. On fait juste ce qui nous semble juste sur le moment.  Sur notre premier album, on a souffert de pas… Se sentir complĂštementnous mĂȘme.  Mais sur “Attics To Eden” on a bien rĂ©agi. Et ce qui nous importait sur World War III Ă©tait de laisser les choses venir naturellement.
Comment c’Ă©tait, de faire la premiĂšre partie de Papa Roach ?
C’Ă©tait fantastique ! C’est un groupe de rock merveilleux. Je ne sais pas l’image que les gens ont d’eux mais ils sont juste impressionnants. Ils se donnent Ă 200% tout les soirs. On a dĂ©ja tournĂ© pendant 6 ans, avec diffĂ©rents groupes. Mais je n’ai jamais vu rien de tel.  On est devenue de trĂšs bon amis.
Penses tu qu’il y est une diffĂ©rence entre les fans amĂ©ricains et europĂ©ens ?
Et comment ! Les Etats Unis, un endroit Ă©pouvantable… La musique est une forme d’art, un processus crĂ©atif. Dans ce pays,  il y a de moins en moins de considĂ©ration pour l’art. Ce quâintĂ©resse surtout les amĂ©ricains, ce sont les marques, la popularitĂ©…
En europe, les gens apprĂ©cient le cĂŽtĂ© artistique de la chose, achĂštent des CD, s’investissent Ă©motionnellement. Plus passionnĂ©s, plus honnĂȘtes.
En bref, plus respectueux ?
Exactement. Ils rĂ©alisent qu’ĂȘtre fan offrent des grands plaisirs. Comme grandir avec des albums. La musique est partout, elle  affecte les jugements, les Ă©motions, les opinions… Et ils ne le voient plus comme ça aux Etats Unis dĂ©sormais.
Sais tu qu’Ă©normĂ©ment d’adolescents ici rĂȘve de vivre aux Etats-Unis ?
Encore maintenant ?
Oui, surement Ă cause (ou grĂące) Ă l’image que renvoie les films …
Je savais que c’Ă©tait le cas il y a 5 ou 6 ans, mais pas de nos jours… Mais ne venez pas, ce n’est pas un bon plan, ce n’est pas aussi beau que ça en l’air (rires).
Cela dit, vos films sont quand mĂȘme bien meilleurs que les nĂŽtres ..
Mais on a pas votre cuisine ! Chacun sa culture. Aux Etats-Unis, ce qui est formidable, c’est le melting pot. Mais je crois savoir qu’en France vous avez plus de mal Ă vous mĂ©langer non ? (je hoche la tĂȘte). A ce que j’ai entendu, il y a des rĂšgles assez laxistes, tout le monde peux venir sans problĂšme et profiter des avantages… Quand j’Ă©tais en Angleterre, les gens m’en parlaient. Ils me disaient que ce problĂšme la leur arrivaient aussi, et que câĂ©tait d’autant plus difficile car le dĂ©bat est trĂšs controversĂ©.
Avec quels autres groupes t’entends tu le mieux ?
Papa Roach, ce sont de trĂšs bon potes. Je sens que je vais en oublier plein. Reflechissons…. Les gars de Linkin Park sont trĂšs sympas. Dillinger Escape Plan…
Linkin Park est aussi une de vos influences, non ?
Probablement, en fait je ne pense jamais à ça  mais supposons, comme on a aussi des sons heavy et électroniques…
Et qu’en est-il de Paramore ?
Hum, ce n’est pas vraiment ma tasse de thĂ©. On nous a beaucoup comparĂ© a eux.  Je peux comprendre qu’on remarque quelques fois des similaritĂ©s, je nâaffirmerai pas le contraire. On avait le mĂȘme producteur qu’eux sur “Attics To Edden”. Paramore n’est pas un mauvais groupe, ce sont des musiciens comme nous. Et toi qu’en penses tu ?
J’Ă©tais fan Ă la base, mais je suis gavĂ© d’une de leur chanson, qui passait partout Ă cause de Twilight… Ce film provoque la mĂȘme euphorie aux Ă©tats-Unis ?
Mon dieu oui ! Mais je pense que les rĂ©alisateurs sont frileux, ils ne cherchent rien, ils se contentent de ressortir la mĂȘme chose encore et encore… Un art doit Ă©voluer, grandir.
Madina Lake existe depuis seulement 6 ans, mais a rencontrĂ© un succĂšs  relativement rapide, est-ce que tu t’y attendais ?
Tout le monde a sa propre définition du succÚs, dis moi ce que tu entends par ce mot ?
Vous ĂȘtes connus sur le plan international…
Daccord, tu le vois comme ça. Je ne m’y attendais pas vraiment, mais on a toujours Ă©tĂ© assez optimiste.  En fait on a vraiment voulu se plonger dans la culture europĂ©enne, adaptĂ© Ă notre groupe.
Beaucoup de groupes ont des difficultĂ©s Ă vivre de ce mĂ©tier…
Et certains sont trĂšs connus aux Etats-Unis mais ne quittent jamais le pays… On a vraiment de la chance par exemple,d’avoir rencontrĂ© le succĂšs en Angleterre, dĂšs le premier album. En plus j’adore voyager. Et ĂȘtre apprĂ©cier pour ce que tu produis, c’est incroyable.
Propos recueillis par Louis Eustache